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Erichine, la voix dans sans voix

Erichine Mbayo Ngombe, finaliste dans la catégorie ADICOM4GOOD Migrations, parrainée par Migrants As Messengers de l’OIM, est une jeune femme engagée, qui se bat pour l’inclusion des sourds, malentendants et aveugles.

Comment vous définiriez-vous en un tweet ?
Une personne différente qui porte en elle un espoir passionnant

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?
Je suis une personne (sans handicap) qui porte une passion assez différente, celle d’être la voix des sans voix (handicapés).
Je me bats pour l’inclusion des sourds, malentendants et aveugles dans nos sociétés en Afrique.
Je suis une jeune défenseure des droits des personnes handicapées, j’ai commencé mon combat à l’âge de 17 ans, et aujourd’hui j’en ai 22 et je ne m’arrêterai que le jour où l’inclusion de ces personnes ne sera plus un sujet d’alerte.
Ma motivation est née d’un constat : j’ai été révoltée à force de voir que les personnes handicapées, les sourds et aveugles en particuliers, ne cessent de voir leurs droits être bafoués, réduits à rien, et que ceux qui sont appelés et censés leur assurer protection et défense soient les premiers à favoriser la discrimination.

J’ai commencé mon combat par communiquer des messages de sensibilisation sur la prise en compte de ces personnes dans la société un peu partout avec des contenus attractifs et visuels créer par mon ami designer graphiste, qui puissent attirer l’attention (dans la rue, dans les salles à l’université, dans les salles de conférence lorsque j’avais l’occasion, sur mes comptes réseaux sociaux).
Puis je commençais à réunir des sourds et malentendants afin de discuter sur ce qu’ils voulaient apprendre – notons que les sourds et malentendants dans nos sociétés en Afrique sont le plus souvent mis à l’écart en tout, ils ne savent comment se former ni s’informer de quoique ce soit, c’est une grande difficulté qui les lient, sans interprète en langue des signes, ils ne savent plus rien.

La surdité, une question sensible que nous abordons avec aisance.

Pour plusieurs c’est une maladie, pour peu c’est un…

Publiée par Jeunesse Sourde Ambitieuse « JSA » ONG sur Samedi 17 octobre 2020

 

C’est sur cette base de toutes ces difficultés que nous avions mis sur pied une organisation non gouvernementale dans le but d’agir efficacement dans la valorisation et l’épanouissement de ces personnes dans la société, dans la défense de leurs droits et dans la quête des plaidoiries et lobbying en faveur de ces personnes.

Un parcours de Titan, qui jusque là dure 4 ans, je suis contente de l’impact que ça donne au sein du quotidien, car sans ressources financières nous arrivons à nous imposer et à imposer notre mot qui est l’inclusion, et à changer la vie de ces personnes au quotidien.

 

Vous considérez-vous influenceuse ? Pourquoi ?
Au fur et à mesure les années avancent, mon combat se fait entendre et se laisse parler par beaucoup de gens. Sans m’en rendre compte, cela avait un impact jusque dans certains pays africains. Dans cette jeunesse, je plantais au sein d’une catégorie de jeunes ce désir de choisir la voix du bon, la voix de L’inclusion et de la paix, ce qui aujourd’hui fait que je sois suivie un peu partout par une multitude des personnes.

Personne ne veut passer outre inaperçu une publication ou une parole de moi , pour beaucoup ça édifie, ça motive et ça enseigne, je deviens une référence de l’inclusion et j’en suis fière.
Par cette petite expérience, Oui je peux me considérer comme étant une influenceuse.

Quelle est votre ligne éditoriale ? 
Storytelling, actualités des informations sur les questions du handicap et du quotidien, rubrique savoir sur le handicap, la langue des signes et son quotidien, découvertes sur la question du handicap de surdité.

Quelle est votre audience et a t-elle des caractéristiques spécifiques ?
Je suis suivie par 70% de femmes dont 50% sont handicapées, qui ont entre 15 et 30 ans et 30% d’hommes, qui ont entre 25 et 34 ans. Une cible parfaite selon moi pour toucher les cœurs !

Comment réussissez-vous à créer du contenu attrayant ?
J’ai un ami designer graphiste qui m’aide à les réaliser et si je me trouve loin de lui, grâce à une application qu’il m’a recommandée, je crée des visuels à message et des petits spots.

Quels sont vos projets en cours ?
Nous sommes en train de lancer une campagne de sensibilisation de 2 ans qui va s’appeler ELONGO (qui signifie Ensemble, dans ma langue qui est le lingala) qui va consister à hausser fortement la voix qui réclame L’inclusion totale de ces personnes. Une campagne avec de multiples activités virtuelles et physiques dans le but de réaliser notre rêve, qui est de voir dans les jours à venir notre Afrique devenir inclusive, où nous nous émerveillerons de voir un handicapé et un non handicapé vivre en communauté.

À quoi ressemble votre journée type ?
Une journée très occupée : il faut écrire, j’ai toujours eu avec moi un carnet et un stylo parce qu’à tout moment j’écris mes publications, mes prestations et j’anticipe sur les projets avenir si j’ai fini avec les projets en cours.
Je n’ai presque pas le temps pour moi, le 3/4 de mon temps je le consacre aux visites auprès de mes encadrés Sourds pour pouvoir discuter et les entendre.
Je suis étudiante en 2e cycle de droit, je me spécialise sur les droits des personnes handicapées, où je consacre la moitié de mon temps dans mes recherches et dans l’écriture de mes livres scientifiques qui pourront paraître l’année prochaine.

Quels sont les défis auxquels vous devez faire face ?
Le plus grand défi c’est la concurrence. C’est une bonne chose mais on a l’impression d’être prise pour une rivale et beaucoup ne se gênent pas de vous menacer et d’user des armes pour vous faire tomber.
Nous sommes entourés d’organisations qui travaillent dans le social mais qui ne font pas ce que nous faisons, et leurs attaques nous permettent d’innover et de monter en puissance.
Nous ne les considérons pas comme des rivaux, comme c’est le cas pour eux, mais nous utilisons le savoir, le savoir faire et le savoir vivre pour pouvoir réaliser ce rêve ensemble.
Seul on va vite, ensemble on y va loin.

Le deuxième défi, c’est de manquer de moyens pour pouvoir atteindre notre cible.

Et le troisième c’est la langue : notre cible est bilingue, il nous faut investir surtout sur des traducteurs pour pouvoir la toucher et ce n’est pas chose aisée.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre stratégie de création de contenu ou vos envies de création ?
J’use d’une stratégie assez simpliste, je trace une horloge de publication qui commence dans la matinée avec des contenus de salutation et d’une annonce de la journée, puis dans l’après-midi je présente des actualités qui se passent sur différents pays africains, toujours dans la même thématique. Dans la soirée, soit une publication de savoir ou un jeu en langue des signes ou encore une motivation.
Souvent je poste des story de sondage ou des questions pour faire interagir le public.

Qui sont les créateurs de contenus qui vous influencent ?
Je n’en ai pas malheureusement, mais dans mes heures perdues je vais suivre des influenceurs sur mon secteur et autres pour étudier les nouvelles structures de travail pour moi.

Pourquoi recommanderiez-vous aux marques de travailler avec vous ?
Je voudrais vraiment que ma voix se fasse entendre, travailler avec une marque m’aiderait à atteindre le but et ça ferait un bien fou.

Le mot de la fin vous revient : une dernière chose à partager (un compte, une citation, une astuce, un coup de cœur) ?
Un handicap est un état qui rend unique et non incapable.
Une personne handicapée porte une différence, mais celle-ci ne devrait pas créer de barrière entre ceux qui en ont une et ceux qui n’en ont.
Un monde inclusif et humanisé, c’est ce que nous voulons.
On ne choisit pas son lendemain, mais on a la possibilité de rendre possible ce dont nous souhaitons en ayant tout simplement un cœur pur, vrai et passionné du bon.

C’est une grâce de vivre, c’est une grâce de survivre avec une différence.

Une personne sans référence, un bon matin peut devenir une légende.

Merci à Erichine pour son beau témoignage, continuez à suivre Jeunesse Sourde Ambitieuse sur Facebook, Instagram et Twitter !

 

Comments
  • Firmin Mbenza dit :

    C’est toujours un plaisir de travailler avec Erichine parlant de son projet d’inclusion.
    Sa vision de voir un jour notre société respectée, intégrée … Les personnes vivant avec handicap m’a tellement ému. C’est le profil dont le Congo a besoin

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